• Lundi 20 août Osina – Kromidovo

    L’étape du jour est simple, sur bikemap. Sur Google aussi, pas de problème.

     

    Je pars donc confiant, dans un paysage qui ressemble au Haut Jura. Forêts de pins, doux vallonnements, route souple (ça y est, le terme « route souple » est définitivement adopté).

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

     

     

    Ici, une fabrique de lauzes, taille de pierres en tout genre. Un village plus loin, c’est l’exploitation du tabac. Je m’arrête (bêtement) à un genre de poste où deux policiers des frontières s’enquiquinnent à 100 stotinski de l’heure, pour leu demander si c’est bien du tabac. Ces cons-là me demandent mon passeport (ah, j’ai bien fait de m’arrêter, Andouille!).

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    Y’en a un qui me passe son téléphone : il a appelé un copain qui parle français ! Alors je raconte un peu ce que je pense que le policier veut savoir, d’où je viens, où je vais, etc.

    Au bout d’un moment, je rends le téléphone, le copain traduit en bulgare (je suppose), salut, « Dovich dané », et je me dis « c’est bon ».

    Ben non ! Il en rappelle un autre, et même cinéma !

    Bon, au bout d’un moment, comme il ne connaissait plus de copains francophone, il m’a rendu mon passeport et j’ai pu repartir…

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

     

    La région est magnifique :je m’arrête pratiquement tous les kilomètres pour prendre des photos.

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    Les villages sont peuplés essentiellement de musulmans.

    A Valkosel, un type, attablé avec ses copains devant une épicerie me hèle : « Salut, comment ça va ? » et me fait signe de m’arrêter.

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    Ils me font une place, le type -Souleyman, le second en partant de la gauche- veut me payer une bière (il est 10 heures du mat’, ses copains et lui sont à la bière, on ne les voit pas, mon drapeau les cachent). Je lui dit que non, une eau gazeuse (soda).

    Ils me font une place, et on discute. Souleyman travaille au Luxembourg, apparemment il est revenu au pays pour les vacances. Il veut m’inviter chez lui, « prendre une douche, manger, dormir ».

    Bref il ne sait pas quoi faire pour l’Hospitalité.

    Il me dit qu’il est musulman, que tout le monde ici est musulman, qu’il ne faut pas avoir peur des musulmans, que ce sont des gens comme tout le monde, qu’ils sont accueillants…

    Ben oui, Souleyman, je les connais un peu les musulmans. Je les ai pratiqué au Maroc, entre autres. C’est vrai qu’ils sont super accueillants, et même s’ils ne boivent pas de bière en terrasse à 10 plombes du mat’, ceux que je connais, ils ont la même générosité…

    J’aurai du mal à me barrer, Souleyman va m’acheter une boisson énergisante pour les côtes à venir…

    C’est vrai qu’il y en a quelques unes, des côtes… J’ai même l’impression qu’il n’y a que ça. Mais les paysages me font m'arrêter pour prendre des photos...

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

     

    Mais qui dit côtes dit descentes, et je me retrouve dans une large plaine au fond de laquelle coule la rivière Mesta. En voilà une qui s’en va vers la mer Egée, me dis-je.

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    Ben oui, mais mon itinéraire va plus à l’Ouest, et donc je remonte une belle bosse. En haut, on peut voir toute la colline équipée de capteurs solaires.

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    Et je suis mon hostie de câlisse d’itinéraire tracé par bikemap.

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    J’aurais du me douter, en voyant les nids de poules de plus en plus fréquent et de plus en plus profonds, en parcourant une route pour moi tout seul sans personne d’autre dessus, que ça devait mener dans le trou du cul du monde…

     

    Paril, ça s’appelle. Sur GoogleMaps, entre Paril et Goleshovo, il y a une route référencée 1906.

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    En fait à Paril, plus de route, une piste qui monte dans la montagne, mais absolument pas carrossable. Des pentes à 15 %, une piste ravinée par la pluie, pas mal d’ndroit où il faut pratiquement porter le vélo.

     

    12 kilomètres, ça dure. Un gars, en bas, m’a dit que ça montait 3 kilomètres, pas plus.

     

    Je regarde ma montre : 14 h. J’ai deux options : soit revenir en arrière et me taper 80 bornes de route, soit continuer et me faire 12 kilomètres pas cool et une trentaine derrière sur du goudron.

     

    J’ai de l’eau, on est en montagne, il y a des sources, des ruisseaux, au pire, si je n’y arrive pas, je peux toujours me débrouiller, j’ai du riz, de l’essence pour mon réchaud, je ne suis pas perdu…

     

    Bon. Sur le coup, j’ai trouvé que c’était vraiment bestial, comme effort, de pousser le méta loadé en crisse de tabarnak dans les cailloux de la piste.

     

    Je me suis dit que j’étais au Vélo Couché ce que Guillaumet a été à l’Aéropostale. Le Guillaumet des Rhodopes, je suis.

     

    Après beaucoup d’efforts, je suis arrivé en haut du col. De temps en temps, j’arrivais à rouler 50 mètres sur le vélo. Ça me reposait. Le reste du temps, j’ai poussé…

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    La descente, ça a été folklorique également, mais j’ai acquis une technique genre draisienne, pour soulager le vélo dans les pierriers sans trop perdre de vitesse.

     

    Arrivé à Goleshovo, grosse déception. Village désert, des baraques effondrées, des épaves de bagnoles stationnées, personne…

     

    Je continue sur une piste qui monte d’enfer, qui a été certainement goudronnée naguère, mais il y a vraiment très longtemps. Après ça, naturellement une descente, mais sur le même genre de piste-route qui n’autorise pas une vitesse supérieure à 12 km/h

     

    J’ai bouffé deux jeux de plaquettes de freins dans cette maudire descente.

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    Au bout d’un moment, des blocs de marbres sont disposés au bord de la piste, qui du coup devient meilleure, car il faut bien que des camions viennent les charger…

     

    Très belle descente ensuite, sur une très belle route qui serpente dans un fond de vallée . La route est pratiquement plate et je me dis que je peux arriver à une heure pas trop tardive..

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

     

    Bien sûr, quand on est comme là un peu à la bourre, il y a toujours des trucs qui font un peu baisser la moyenne dans les derniers kilomères,, comme la traversée pavée de Katunski...

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    Passage encore de quelques bosses et j’arrive, sur le coup de 18h, au camping de Kromidovo .

     

    Un Anglais vient m’ouvrir le portail, mais c’est un copain du patron. Le patron, lui, n’a pas le temps de s’occuper de moi car il doit refroidit ses 100 litres de bière artisanale qu’il est en train de faire. Il me dit d’aller en chercher une au frigo en attendant, et de m’installer . Super bonne, de la bière de micro-brasserie comme j’aime.

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

    J’ai le temps de planter ma tente, de gonfler mon matelas, de prendre une douche, de faire et d’étendre ma lessive, quand enfin il pourra m’enregistrer.

    Je demande s’il est possible de manger, sa femme, Sara, me dit que oui, à condition que je partage leur repas.

    Ils vendent du vin régional, « organic ». Je leur dit qu’ils choisissent une bonne bouteille, que de toute façon ce soir je craque mes derniers leva.

     

    On a passé une bonne soirée, eux sont du genre à avoir abandonné un peu tout ce rythme occidental stressant pour s’occuper de ce camping qu’ils ont créé, et qui fonctionne ç mois de l‘année. Des gens super cool (limite baba-cools), avec qui on se sent vraiment détendu…

     

    Lundi 20 août  Osina – Kromidovo

     

    Des éclairs d’orage là bas, vers le Sud, des coups de vent frais de temps en temps, il se pourrait que ça fasse ploc-ploc sur le double toit de ma tente cette nuit.

     

    J’adore ça...

     

     


  • Commentaires

    1
    Mardi 21 Août à 21:53

    j'ai l'impression que ton voyage en "solitaire" devient plus root's!

    je te suis de près , enfin ...en virtuel biensur !

    bonne route mon grand

    2
    Mercredi 22 Août à 22:44

    Oui mais là les derniers jours, je n'ai fait que du goudron!

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter