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Mouvements divers (et d'été)...
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Bourg d'Oisans - Sault

Le matin, plus de pluie, mais des nuages bien bas. Du vent dans tous les sens, des nuages qui passent de droite à gauche et de gauche à droite, bref, le cirque...
Dans la longue ligne droite qui mène à La Paute (le pied du col d'Ornon), le soleil a fini par se montrer un peu plus...


 


Voilà un départ de col comme j'aime.
Pour moi, un col, c'est une porte entre deux vallées, ça a une histoire, une histoire de gens qui se sont déplacés, pour échanger, pour se marier...


Tous les Grands Cols ,ne sont finalement que des artifices réalisés durant les deux derniers siècles, pour faire passer une route coûte que coûte...


Ce ne sont pas des portes, mais plutôt des escaliers, qui ont contribué au développement du tourisme, mais n'ont pas forcément amélioré les conditions de vie des habitants authentiques ces vallées...


Et puis, ça ressemble à quelque chose, une route, comme ça, qui s'engage dans une vallée, non?

Morzine -Sault 

Descente dans le Valbonnais, tout ça sans voir beaucoup le paysage, Dommage, la vallée est très sauvage, et méritait de se montrer davantage. Après une petite montée, la petite route rejoint la Nationale (route Napoléon) Un peu avant Corps, une boîte aux lettres originale...
Le trike est dans la bonne direction: plus que 200 km avant Marseille, indique la borne factice. Mais je m'arrête avant..

 

Morzine -Sault
Un troupeau de sangliers dans la montée du col d'Ornon...
Un beau gros, qui farfouille allègrement dans les pâtures, se moque bien de mon appareil photo...

En haut du col d'Ornon, temps maussade. Jusqu'alors, j'étais monté torse nu, histoire de parfaire mon bronzage, mais là, j'ai arrêté de faire le malin. Tee-shirt, K-Way, j'ai même rgretté d'avoir rangé mon bonnet de laine de la SNSM tout au fond du sac étanche... Pratiquement inaccessible.

J'ai mis la torche devant et le feu arrière pour me signaler, et je suis descendu en espérant touver un peu plus de chaleur plus au sud...

Morzine -Sault


Quelques km sur la route Napoléon... Pas terrible, je n'aime pas rouler sur les nationales, mais là, pas vraiment moyen de faire autrement.
A Corps, descente sur le lac du Sautet, mais avant, une petite faim sur le coup des 13 heures me fait occuper une aire de pique-nique. On ne se laisse pas abattre.
Salade de tomate et de concombre, avec une boîte de thon, beaufort, fruit, et un p'tit coup d'rouge (mais avec modération, parce qu'après, je reprends le guidon...)

 

Morzine -Sault

 

 


Montée dans le Dévoluy:
Après le barrage du Sautet, deux lacets, un petit coup de cul, et la route devient une grande ligne droite, sur un plateau, avec au fond des murailles rocheuses.
Tout au bout, elle s'engage brusquement entre des parois d'un hauteur impressionnante.

 

Morzine -Sault

Morzine -Sault


 




J'aime bien ces photos; la route est belle, sinueuse, et appelle à s'aventurer dans ces gorges privées de soleil...

Après quelques kilomètres, à se démonter le cou de regarder en l'air, tellement les parois sont hautes autour de moi, j'arrive sur le plateau du Dévoluy.
Dans sa partie sud, il est encore vert, mais les montagnes semblent surgir violemment, comme si elles avaient poussé hier avec la pluie...

Arrivée à Saint Etienne en Dévoluy, après une petite montée au niveau des Étroits de la Soulaise (Via ferrata sympa qu'on avait fait en famille il y a quelque temps).



Ravitaillement à l'épicerie. L'épicière a la faconde et l'accent de la vallée, qui commence à chantonner; On est déjà dans le sud...
Camping de St Etienne: très bien, pas cher, douche, lessive, étendage, le quotidien du cyclo-campeur...


Par contre, question température, ce n'est pas encore ça... 1300 m d'altitude, une fois le soleil couché, pas question de rester sans la veste polaire.
Je vais aller me faire à manger (il est 20h30), mettre un pantalon et des tennis avec des chaussettes à la place de mes tongs...


Au réveil – 8h30, le soleil tarde pour passer par dessus la montagne- tout est gris; de la brume partout; une coloration gris-bleue pour indiquer qu'il ferait certainement beau, mais quand ?
Au bout d'un moment, le soleil a quand même fini par se pointer.


Le temps qu'il disperse cette humidité, je ne raconte pas la caillante...En attendant, j'ai pris mon petit dej', plié la tente, rangé les affaires...
Quelques minutes plus tard, comme par magie, plus de trace de brume nulle part...
La lumière est exceptionnelle, l'air est infiniment pur, il fait beau, il fait chaud...


Col du Noyer altitude 1664 m...
Comme j'en avais une (de 1664) dans une sacoche, je n'ai pas pu résister...


De l'autre côté du Col du Noyer, ce n'est plus du tout le même paysage : des cultures bien proprettes, des parcelles bien découpées, et malheureusement déjà une certaine pollution visible...

 


Il y a quelques années, nous avions visité l'observatoire du Pic du Midi, et j'avais été frappé par une photo en noir et blanc, prise de l'observatoire,avant guerre, et sur laquelle on voyait nettement le Massif Central et la Chaîne des Puys.

Le guide avait précisé que dorénavant, on ne pourrait plus refaire cette photo, à cause de la pollution.

Et ces simples photos d'amateur, pourra-t-on encore les prendre dans quelques années ?

Descente du Noyer côté St Bonnet: assez dangereuse, pas trop de parapets, et pas mal de gaz à certains endroits.

 En début d'après midi, j'arrive chez Alexis et Chris, où j'ai prévu de rester quelques heures.

Alexis est aquarelliste et a eu la gentillesse de faire une série de dessins de vélos couchés pour l'AFB (Association Française des Bentriders).

 

 

 


 Il est parti en montagne avec des amis; en attendant son retour, Chris me fait visiter son exposition d'aquarelles et son atelier...
Je reste rêveur devant tant de talent...

L'essentiel de son travail pourrait s'intituler "Les Alpes en aquarelles". Ornithologue amateur, écologiste militant, il parcours les massifs alpins dans toute l'Europe...
Je veux m'avancer un peu, pour ne pas avoir à faire une trop grosse étape demain. Alexis m'accompagne à vélo sur la route du col de Manse, qui permet d'éviter le col Bayard et la nationale pestilentielle.

 


Alexis a dans sa bibliothèque une remarquable collection de récits de voyages, à pied, à vélo, en bateau, et un carnet d'adresses bien fourni : je repars avec une liste de noms de gens "qu'il faut absolument que je découvre" au dos d'un brouillon (au verso des esquisses de dessins de chouettes).

 


Et la plongée sur Gap, sur les coups de 19h... Remontée sur la route de Veynes. Pancarte "Camping à 3 km" sur la gauche. Je vais voir...
Petit lac, camping-bistrot-restau. Plan sympa ou attrape-blaireau? de toutes façons il est tard et j'ai envie d'une bonne douche chaude (eh oui, routard, mais de luxe...)

 

Tarif du camping: 7 euros. Honnête. Du coup, je me prends un menu (Buffet de crudités à volonté -ils n'ont pas trop fait de bénef  là-dessus- , andouilette de Troyes-frites et tarte tatin).
endredi 22: dernière étape et arrivée à Sault

La journée débute d'une manière sereine, apaisante, avec un petit lever de soleil sur le lac

Ça aurait été dommage de se lever une demi-heure plus tard, non ?
Finalement,je change mon itinéraire au dernier moment,et décide de passer par Sigoyer. Le "circuit des villages perchés" m'attire, et la suite du voyage confirmera que ce choix était bon.
Une petite photo du camping, vu de l'autre bout du lac "à la motte flottante".

La route reste sur une ligne de niveau, à 1000 m d'altitude, en balcon par rapport à la vallée de la Durance, rive droite.

Succession de petits plats descendants, de petits plats montants, traversées de villages « perchés », de paysages paisibles, pâturages, vergers...

Et d'un seul coup, au passage du Col de Foureyssasse, c'est la plongée sur la vallée de la Durance. Enfin, presque, car une petite route à l'ouest permet de prolonger cette promenade dans les villages perchés, en passant par Vitrolles (eh, oui!) et Barcillonnette.
On rejoint ensuite une route de service, pas indiquée sur ma carte, et qui longe rive droite le canal EDF (rive droite, car il y a du courant dans ce canal...)
Le profil est pratiquement plat, on est quelquefois au dessus du canal, quelquefois en dessous, mais de quelques mètres seulement. Les kilomètres défilent, la chaîne est pratiquement tout le temps sur la « plaque ».
  Toute cette région est plantée d'arbres fruitiers (pommiers, poiriers, pêchers et hybrides). La montagne de Ceüse, au fond...



Bourg d'Oisans - Sault

Depuis un moment, les nuages se faisaient plus denses... Finalement, le ciel devient bleu électrique et je commence à tout remballer dans les sacs, à sortir le K-Way.
Après Laborel, dans la montée du Col st Jean, la pluie commence de tomber, d'abord doucement, puis à seaux.
Rien à voir avec la pluie glaçante de Haute Savoie, lors du passage de la Colombière.
D'ailleurs ça ne dure pas, à peine une petite heure, le temps de monter le col, et ça s'éclaircit déjà.
La route est encore mouillée, mais déjà le ciel est nettoyé des nuages menaçants. C'est la magie du Sud, où les conditions météorologiques peuvent basculer d'un instant à l'autre.


La descente est sympathique, je fais attention car la route est encore humide et l'adhérence bien moindre que d'habitude -surtout au freinage-
En bas, à Eygalayes, le soleil est revenu. J'en profite pour casser une croûte sur un banc public, faire sécher mon maillot trempé, boire un bon petit café (ahhhh! le café...)
Montée tranquille vers Séderon, puis ascension du col de Macuègne (4% environ), et au départ du col de l'Homme Mort (encore plus plat), le Ventoux apparaît dans l'enfilade de la vallée qui descend sur Montbrun.
Petit arrêt au belvédère au dessus de Ferrassières.

Bourg d'Oisans - Sault

 

Bourg d'Oisans - Sault


Là bas, à une douzaine de km, Sault que je rejoins rapidement. Mon périple est terminé.

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