• Lundi 13 août Suvorovo – Dragizhevo (mais en train!)

    Personne ce matin dans la mehana quand nous nous levons. Nous préparons les vélos, on attend encore un peu, il n’est pas tout à fait 8 heures ; En fait hier soir on n’a pas négocié pour le petit déj.

    Je suis sûr que la patronne devait attendre que l’on s’en aille, planquée derrière sa fenêtre, pour vaquer à ses activités asns être obligée de servir un petit déj.

     

    Kaslantienn, nous allons en ville, localisons la poste où Bernard doit déposer son paquet : il a fini par emballer ses freins hydrauliques et un dérailleur qui était un peu tordu pour les renvoyer en France à son adresse.

     

    Bertrand et moi nous nous installons à la terrasse d’un café, et on s’achète des croissants au chocolat et une petite brioche. Devant nous des femmes balayent les trottoirs, scène vue à plusieurs reprises. Elle sont typées « rom », et à chaque fois c’est la même chose. Les autres travailleurs municipaux qui coupent le gazon ou taillent les arbres ne sont jamais typés, mais les femmes qui balayent, oui.

     

    Lundi 13 août  Suvorovo – Dragizhevo (mais en train!)

    On monte l’avenue qui conduit à la gare. Justement, des employés sont en train de rafraîchir les espaces verts, la ville est propre et bien entretenue. La gare est en cours de réfection, la billetterie est destroy, mais le contrôleur nous fera des billets dans le train.

     

    Lundi 13 août  Suvorovo – Dragizhevo (mais en train!)

    Bertrand s'essaie à porter ses bagages façon hockeyeur canadien...

    Le train arrive, une motrice diesel attelée à d’ancien wagons à compartiments. Beaucoup de mal à faire tenir les trois vélos dans l’entrée ; de toute façon après impossible de prendre le virage pour le couloir, et de toute façon le couloir est trop étroit...

    Mais ça n’affole pas le contrôleur. On serait en France, les vélos ne seraient jamais entrés dans le train. Ici, on s’arrange, il y a toujours une solution.

     

    Nous avons un changement à Poveljanovo, près de Devnya. Le second train est « rapide », équipé d’une motrice électrique.

     

    Fort de notre expérience, nous agençons le matériel de manière à ce que cela gêne le moins possible : tous les bagages dans les filets du compartiment, les deux Nazca à la verticale devant la porte des WC (on arrive même à y accéder), et le Méta debout juste avant le couloir.

     

    Lundi 13 août  Suvorovo – Dragizhevo (mais en train!)

    Lundi 13 août  Suvorovo – Dragizhevo (mais en train!)

    La contrôleuse qui passe de temps en temps et qui voit les améliorations successives du rangement lève les yeux au ciel, fait semblant d’être en colère, mais n’y arrive pas et finit par sourire… A la fin du voyage, elle vient nous avertir que nous arrivons à la prochaine station. Je lui montre mon appareil photo, lui fais signe que j’aimerais prendre une image d’elle, et très gentiment, elle fait semblant de m’enguirlander pendant que je lui tire le portrait. Vraiment drôle, pleine d'humour et de gentillesse…

     

    Lundi 13 août  Suvorovo – Dragizhevo (mais en train!)

    Deux femmes sont entrées dans le compartiment : la mère, très belle, et sa fille, beaucoup moins. Est-ce que je suis plus attiré que par les femmes mûres que par les gamines, mais je trouve que c’est souvent le cas… La race dégénère…

     

    La mère, 45 ans, très sûre de sa plastique, se comporte comme une reine et ne regarde personne. Elle lit. La fille a un regard bovin et ne regarde que ses godasses.

     

    On a eu le vieux râleur à moitié bourré qui a gueulé comme un putois parce qu’il avait du mal à aller jusqu’aux WC. Faut dire, il avait un bide énorme, même sans les vélos il avait du mal à passer dans le couloir…

     

    Après l’altercation avec le vieux con, la Reine liseuse se met à discuter avec Bernard assis à côté d’elle en anglais, et un peu en français. Elle a vécu deux ans à Montréal, du coup Bertrand et elle se mettent à discuter. La fille regarde toujours ses godasses avec ses yeux de veau.

     

    Lundi 13 août  Suvorovo – Dragizhevo (mais en train!)

    On a eu aussi le sosie de Adolf, qui se promène avec une sacoche ornée d’une swastika. Bizarrement, au moment où on débarque du train, et que c’est un peu la panique, il vient nous aider, descend sur le quai, va même ramasser sous le train une bouteille d’eau qui était tombée…

    Une gentillesse incroyable, Comment se peut-il qu’un type comme ça s’amuse à se déguiser en Hitler ?

     

    Bref, on est arrivé à Gorna-Horyahovitsa sans encombre, sans rien perdre, sans trop de stress, surtout pour mes deux camarades qui se sont bien décontractés pendant le voyage.

    Lundi 13 août  Suvorovo – Dragizhevo (mais en train!)

    Lundi 13 août  Suvorovo – Dragizhevo (mais en train!)

     

    Un petit coup de vélo pour rejoindre le camping. Comme on n’avait rien avalé depuis le matin, on s’est arrêté acheter des fruits à un petit magasin en ville. Une femme nous a fait signe d’attendre, et est revenue avec deux petits pots de confiture de prune, et une prune pour nous expliquer ce qu’il y avait dans ses pots. « Cadeau, cadeau » dit-elle en bulgare. Comme dit Bertrand, « c’est souvent les gens qui n’ont pas grand-chose qui donnent beaucoup ».

     

    Au camping, on est accueillis par une jeune femme qui nous parle en français en roulant des « R ». Adorable. Comme la veille, on voit qu’elle a du plaisir à parler notre langue. Je suppose que ça ne doit pas arriver tous les jours, les français, ici, on n’en voit pas trop, et franchement ça ne me manque pas. Les français à l’étranger, 95 fois sur 100, ça craint, genre gros beauf.

     

    Bref, elle est étudiante en langue, parle français et anglais, et ne sait pas encore si elle se destinera à une carrière d’enseignante.

     

    Pendant ce temps là, Bernard fait tomber ses lunettes : Ping : un verre pété ! Le patron, ni une ni deux, lui propose de l’emmener en voiture à Gorna dans un centre médical, où une occuliste s’est occupé son cas. Il devra y retourner demain pour récupérer ses lunettes remontées avec des nouveaux verres. Coût total : 50 euros. Dans son malheur, Bernard a quand même la chance de péter ses lunettes ailleurs qu’au milieu de la Dobroudja et dans un pays où ça ne coûte pas grand-chose…

     

    Lundi 13 août  Suvorovo – Dragizhevo (mais en train!)

    Journée sans vélo, mais riche en rencontres.

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter