Cyclocamping
20 Août 2022
Petit déjeuner dans la chambre : l'hôtel ne le propose pas. En fait l'hôtel est un ensemble de chambres sur deux étages d'un immeuble moderne.
Là salle de bains, seule pièce sans moquette est donc réquisitionnée pour installer le brûleur et l'a cafetière italienne.
En rentrant de notre restau hier soir, nous avons trouvé après 22h un épicier qui avait fruits et kisselo mliako.
Ensuite, c'est parti pour la journée culturelle.
Le chemin pour aller au Musée de la Lutte Macédonienne nous offre un aperçu rare de l'architecture du centre ville, et nous ne résistons pas au plaisir de le partager avec toi, cher lecteur.
Le musée est comme tous les bâtiments, monumental, mal foutu et froid (pas seulement à cause de l'air conditionné).
Les salles sont sombres, il n'y a aucune explication ni en anglais ni en langue locale. De rares cartes où une Macédoine idéalisée , selon toute évidence, occupe outre son territoire actuel, l'ouest de la Bulgarie, le nord de la Grèce, l' Albanie et j'en passe.
Pas une animation cartographique pour expliquer les différentes révoltes, l'évolution des frontières, etc.
Sur tous les murs sont exposés des tableaux réalistes, monumentaux (genre 5m sur 3), peints sur commande pour le Musée par des artistes divers, mais dans le même style pompeux allégorique, et qui représentent des scènes de la lutte Macédonienne, complétés par des personnages de Musée Grevin qui représentent les personnalités des tableaux.
Du coup on fait la visite guidée avec un type qui parle un anglais que même Mimi a du mal à comprendre.
Qu'on entende bien: on ne parle pas de lutte gréco-romaine ou de lutte turque à l'huile, mais bien des tentatives d'établir un état macédonien.
L'histoire des Balkans, c'est déjà bien compliqué quand on lit des bouquins en français, alors expliqué dans un anglais incompréhensible par un guide à l'intégrité politique douteuse, ça devient mission impossible.
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D'ailleurs, d'après Wikipedia :
"La construction du musée a été vivement critiquée, notamment par l'opposition politique. On lui reproche notamment son architecture passéiste, son coût, et surtout son approche nationaliste, qui apparaît comme un manifeste du VMRO-DPMNE, le parti conservateur au pouvoir. Certaines figures macédoniennes présentées sont enfin grandement controversées. "
Là figure de Gotse Delchev, qui a mené une lutte contre l'empire ottoman à été" récupérée " par le parti nationaliste macédonien comme une figute de l'identité Macédonienne, à tel point que:
" Après la rupture entre Staline et Tito en 1948, la Bulgarie rompt ses relations avec la Yougoslavie et reprend la vision selon laquelle les Macédoniens sont bulgares. En réponse, les autorités yougoslaves renforcent l'identité macédonienne et utilisent la figure de Gotsé Deltchev tout en décourageant les sentiments d'appartenance à la nation bulgare chez les Macédoniens. La « bulgarophobie » qui en résulte atteint même un statut d'idéologie d'État. Tous les documents écrits par Gotsé Deltchev en bulgare sont traduits en macédonien et ces traductions sont présentées comme des originaux et l'Insurrection d'Ilinden devient une révolte anti-bulgare." (Wikipedia)
C'est certainement à cause de son caractère anti-bulgare que la Bulgarie a donné son nom à une ville... :-)
Gotsé Deltchev et nous....
Bref une visite dont je me serais bien passé. Quoique.
Ça donne une opinion sur le parti au pouvoir: anti-islam, homophobe et révisionniste...
En sortant nous nous sommes encore promenés dans la vieille ville, en particulier au grand bazar. Pas de doute : on est bien en Orient. Des montagnes de fruits et de légumes, des bouchers, et un tas de petits stands qui vendent de tout:
On prend un café sur une terrasse, et on attaque la seconde épreuve de la journée : le Musée d'Art Contemporain.
Le bâtiment est déjà super moche, bien en évidence au sommet d'une colline, à côté de la forteresse.
De l'extérieur, il ressemble aux lycées qu'on faisait en France dans les années 70.
L'entrée coûte 60 dinars par personne, soit à peu près un euro.
Les salles sont immenses, avec rien dedans.
Rien qui ressemble à de l'art, fût-il contemporain.
Des photos (une dizaine, pas plus) par thème, genre "Sarajevo en 1993", enfin aucun rapport avec l'intitulé du Musée.
60 dinars, ce n'est pas cher, disons que nous les avons rentabilisés avec un passage aux toilettes, très propres et modernes. Et si c'était ça, finalement, le vrai musée ?
Un passage à notre bistrot d'hier et ses bonnes bières, puis on va dans un autre endroit incontournable: le shopping center juste a côté de la place au cavalier.
Encore un truc en béton, plein de courants d'air, à plusieurs étages. Rien d'intéressant, plus on monte, moins il y a de magasins, plus on descend, plus ça sent la pisse et le chien mouillé.
Bien obligés d'y séjourner quelques longues minutes, le temps que la p'uie torrentielle d'orage veuille bien s'interrompre...
On se fait un selfie devant l'arc de Triomphe bidon planté vers la place au Cavalier.
Bidon. Tout le Skopje "moderne" tient dans ce mot.
Tout est bidon, comme si cette nation toute neuve n'avait pas de racines, pas vraiment de culture, mais des éléments piqués à ses voisins.
Tout semble fabriqué de toutes pièces, à l'instar de l'alphabet macédonien, variante du cyrillique, qui a été n'a été "mis au point" qu'en 1945".
On a fini la journée en allant manger dans un petit restau dans le quartier Debar Maalo. On a dégusté plusieurs entrées, dont le Makalo, des Poivrons farcis, des Courgettes grillées, du poulet au sésame, en sirotant des rakia en apéro et du vin de Tikves ensuite.
Au niveau de la gastronomie, il faut bien reconnaître que la Macédoine a quelques atouts...