Cyclocamping
21 Octobre 2019
Train, métro, eurostar, underground, train, train again et one more train, et j'arrive à l'atelier jeudi soir. Chris est revenu des USA la veille et a déjà fini le carénage entrepris un peu moins de semaines plus tôt.
Le lendemain, après avoir bossé un peu au bureau, je passe voir Chris à l'atelier des protos. Il m'apprend à faire les caches en vynil sur les roues. J'avais vu Matt faire mes propres roues, mais là, c'est moi qui officie. Je me débrouille finalement pas trop mal; il faut démonter les disques sur les roues avant et la cassette sur la roue arrière. On charge ensuite la camionnette: 2 trikes sur le plancher, trois trikes sur les portants à mi-hauteur, et un trike sanglé au plafond, à l'envers. On a laissé une septième place pour celui de Marc, qu'on prend en passant à Poole. On sera cinq dans la camionnette au départ, 6 à Poole, le dernier trike étant prêté à un gamin qui vient directement à Hillingdon.
Repas en route, hôtel dans la banlieue de Londres, et le lendemain tout le monde est à pied d'oeuvre pour les courses. 4 courses: la première des "slower", la première des "faster", la seconde des "lower" et la seconde des "faster". 30 minutes chacune. Marc est un client sérieux, à Nandax il finit 4ème trike derrière Olivier (qui m'a posé dans la dernière montée et qui est donc arrivé devant moi en Sokol), et juste derrière Philippe et Marc.
La piste fait 1,5 km avec moins de 8 mètres de dénivelé. Une grande ligne droite, quelques virages dont un qui n'en finit pas, mais que les vélomobiles peuvent prendre sans freiner. Autrement dit pas trop de pilotage, donc une grosse différence de vitesse moyenne a priori entre les trikes et les deux roues/vélommobiles qui vont pouvoir passer à fond.
On part juste après mon dernier tour de chauffe (j'ai presque même failli rater le départ !), je ne suis pas très bien placé, derrière les deux-roues qui cafouillent toujours un peu, le temps d'accrocher les godasses, alors qu'en trike on est dans les starting-blocs et on démarre sec. Marc est trois longueurs devant moi, si je le laisse partir, je suis fichu! Il me voit dans son rétro et me fait signe de prendre sa roue.
Si ça démarre sec ! j'arrive à me caler, mais j' ai laissé un peu des plumes. Mon mentor, un reptile venimeux de couleur sombre m'a vivement conseiller d'adopter la technique de la sangsue, que je m'efforce d'appliquer au mieux. Le souffle me revient, et que vois-je passer juste à mon côté ? la roue arrière de Jochen en M5 low-racer ! je fais un petit effort, me cale bien en aspi derrière sa carrure impressionnante, jusqu'à ce qu'il finisse par me larguer au bout d'un tour, dans la ligne droite avec vent de face. Marc n'a pas pu s'accrocher, et je me retrouve en chasse-patate entre Jochen qui a rejoint Russel Bridge en Nocom et les autres derrière, avec Marc qui m'a en point de mire. Pas terrible comme situation...
Mais les tours passent et passent, je maintiens ma vitesse et finis premier trike ! Waouwww!
On se refroidit bien dans le petit vent frais pendant la seconde course des "slower". Au départ de notre seconde course, les jambes sont un peu lourdes... Cette fois-ci, je me suis bien placé, je suis un peu décomplexé par mon premier résultat et je fais le trou dès le départ. Bien évidemment je fais la course tout seul car les rapides sont très rapides et les autres, je préfère qu'ils ne me rattrapent pas...
Thanks to Jeff James, who took this beautiful pictures
Après quelques tours les jambes reviennent, le souffle ça va, et dans les derniers tours je vois devant moi le Nocom, chaque tour un peu plus près. Tiens ? Pourquoi pas ? J'arrive à être assez constant dans les derniers tours, et Russel est juste devant moi dans la dernière ligne droite. J'attaque, comptant sur le dernier virage pour le passer, mais il me voit dans le rétro, réagit, résiste et conserve une avance de 2 dixièmes de secondes!!! GRRR !
Bon. Quand même, pas si mal. Un Nocom...
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Chris, de son côté, s'est accroché aux roues de Rubben et de Ben, et ils ont fait de bons temps...
Steve Slade a, comme d'habitude, survolé la course avec son style fluide dans son extraordinaire "Beano" qui ne ressemble pas à grand chose vu de l'intérieur, mais dont les performances sont exceptionnelles
Thanks to Jeff James, who took this beautiful pictures
Par contre, après la course, je vois bien que j'ai pas mal tapé dans les calories. Les sandwiches, le coca (hé oui, même pas de bière!), les cochonnerie chocolatées; rien n'arrive à me caler vraiment.
C'est l'Assemblée Générale du British Human Power Club. Très intéressant pour moi, de voir de tout près la vie du cousin anglais de notre Association Française de Vélocouché. En particulier le compte-rendu financier qui me permet de voir comment leur budget est géré, quelles sont leurs recettes, le montant de leur cotisation et leur charge. Ce qui leur coûte cher, c'est une revue papier qu'ils ont depuis la nuit des temps et que bien sûr ils ont du mal à abandonner...
Comme leur système informatique est au top, non seulement les résultats des courses du jour sont publiés une demi-heure après sur Internet, mais ils procèdent à la remise des trophées pour le classement final de l'année !
Ils m'ont fait l'honneur, comme président de l'AFV, de remettre les prix aux vainqueurs de toutes les catégories. En particulier à Steven Slade, avec qui j'ai partagé un podium à Monza, à la suite d'une erreur de classement : lui bien sûr était premier, mais moi cinquième et à la suite de je ne sais quels oublis ils m'ont appelé comme troisième sur le podium. Cette fois-ci nous étions lui et moi vers le podium, lui sur la plus haute marche, à sa place, et moi à la mienne, à côté du podium pour lui serrer la louche. (Je mettrais des photos demain, je crois que Chris a immortalisé la scène).
Ensuite... 6 heures de camionnette pour rentrer, avec un crochet à Poole pour déposer Marc chez lui. Discussions intéressantes devant, pour une fois j'ai à peu près tout compris ce qui se disait entre Rubben qui conduisait et Chris (j'étais entre les deux, je ne pouvais que suivre la conversation).
11 heures à Stithians, direct au lit, grosse nuit.
Ce matin on s'est réveillés avec un crève naissante, due au vent froid, aux coup de chaud-froid, aux courants d'air dans la camionnette, à la fatigue, enfin, la crève, quoi. Pas la grosse ambiance au boulot.
On a quand même bien bricolé à l'atelier, on a accroché des VTX un peu partout, car ça y est: aux prochaines courses ICE emmène un max de VTX, pour les faire courir et aussi pour les faire essayer...
Question logement, la solution est trouvée: Chris m'a proposé de m'héberger, après avis favorable de Karen et de Esther, et bien évidemment j'ai accepté. Quand même bien plus cool de passer la soirée "en famille" que de rester tout seul dans son chalet -même si j'ai apprécié- à regarder des DVD en anglais...
Vu qu'on a la crève tous les deux et que Esther prend sa voiture pour aller bosser à l'atelier, on en a encore profité aujourd'hui (et demain) pour éviter les trajets à vélo, mais j'espère que ça ne durera pas...