• Vendredi 23: bloqués sur la plage de Dhomata

    Les orages se sont succedés une partie de la nuit. Grosses averses, gros coups de vent, éclairs, tonnerre: la totale.

    Lever à la frontale, et à huit heures moins le quart tout le monde était sur l'eau. On ne s'est pas trop pressé pour ne pas rattraper l'orage qui était devant nous, mais on n a pas trainé non plus pour ne pas se prendre celui qui arrivait derrière.

     

     

     

    Vers 11h, on a abordé une plage pour faire halte; il fallait se reposer un peu, car il y avait eu un dessalage pendant le trajet, et ça pompe pas mal d'énergie, surtout pour celui qui avait trempé un moment, en l'occurrence David.

    En cas de dessalage, la technique est simple: on commence par vider le bateau en le tenant, a  l'envers, par les pointes depuis 2 autres kayaks, le tout assez loin du bord pour être tranquille pendant la manœuvre. Une fois le kayak vidé, le pagayeur transformé en nageur remonte par l'arrière, en rampant sur le pont, puis s'installe dans l'hiloire pendant que deux kayaks disposés de part et d'autre stabilisent le kayak vide pendant l'opération.

    Gros shore-break sur la plage, mais il était indispensable de s'arrêter la, le temps devenant de plus en plus mauvais. Débarquement rock n'roll, a commencer par moi qui y suis allé le premier et qui ai ramassé une grosse gamelle dans le rouleau, le bonhomme d'un bout, le kayak d'un autre, la pagaie encore ailleurs, mais pas de bobo.

    A peine j'avais enfin ramassé toutes mes affaires que les autres ont commencé a débarquer: l'orage était sur nous; d'ailleurst 5 minutes après on ne voyait pas a 50 mètres tellement il pleuvait fort.

    On a passé ensuite la journée a regarder le shore-break, a imaginer des stratégies pour le passage de la barre au re-embarquement, à se demander si on tentait ou pas. Stelios, au téléphone,  nous a conseillé de partir le lendemain, le plus tôt possible, à moins qu'on ait une opportunité dans l’après midi. Mais de toute façon, si nous n’étions pas partis avant le lendemain en milieu de matinée, il y avait toutes les chances qu'il faudrait attendre 3 jours sur cette plage-piège, car après le temps sera très très mauvais...

    A 16h30, on a collectivement décidé d attendre demain matin et de tenter de partir au lever du soleil. Avec un peu de chance la houle aura faibli, le shore-break sera moins fort et l embarquement moins brutal...  Wait and See...

    Photo : PhiSa

    On s'est aménagé des emplacements sous les pins en bordure de plage pour planter nos tentes, et on a fait les Robinsons. Cuisine et repas dans un abri sous roche, et sommeil bien mérité, bercés par les coups de butoir de la houle sur les rochers et le bruit des vagues déferlant sur la plage... :-)

    Photo : PhiSa

    [Edit à Besançon]

    Sur la plage, en milieu de journée, je suis allé faire un tour dans le petit bois où nous avons planté les tentes, justement pour repérer un emplacement. Et là, j'ai vu, cherchant désespérément à fuir, coincés contre la falaise, une femelle et son petit, déjà assez grand, des bestiaux ressemblant à des chamois, mais avec un pelage très clair et des rayures noires, un  peu comme les antilopes. Je n'ai pas eu le temps de cadrer correctement avec mon appareil photo, et puis il y avait toujours des branches, la seule photo que j'ai prise est celle d'un sabot dans le sable.

    On s'est un peu moqué, et bien que ça se soit passé avant l'Ouzo, on ne m'a pas beaucoup cru. En rentrant, j'ai cherché un peu sur Wiki, et j'ai trouvé des photos de ce que j'ai vu exactement:

    Il s'agit bien du kri kri, la chèvre sauvage crétoise, (Capra aegagrus creticus). Si je n'ai pas vu le mâle et ses cornes splendides, j'ai au moins vu la femelle et sa descendance...


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