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     Conclusion (un peu tardive)

    Bertrand, de son côté, avait mûrement préparé son projet. Achat d'un Condor, excellent vélo de grande randonnée, porte bagage, sacoches. Il avait fait une demande de congé de 6 mois: 60 mois de travail à temps plein payé 90%, ça fait 6 mois de congés payés. Il avait donc prévu depuis cinq ans de faire cette traversée d'ouest en est, pour profiter des vents dominants, partant de Montréal en direction de Saint-John de Terre-Neuve, et après un vol Saint-John Vancouver, et d'achever son périple par la traversée Vancouver Montréal.

    La première partie, (en rouge sur la carte) traversant « les Maritimes », la Gaspésie, le Nouveau Brunswick, la Nouvelle Ecosse, et Terre-Neuve, représente plus de 2000 kilomètres. La seconde, à laquelle je me suis jointe, (en bleu) est longue d'un peu plus de 5000 kilomètres, compte tenu du petit détour que nous avons fait pour passer par la Route des Glaciers, dans les Rocheuses.

    Après avoir abandonné l'idée d'acheter un trike à Vancouver, j'ai choisi un Métabike en France chez mon ami Serge, et je l'ai préparé pour le voyage. Ainsi je suis arrivé à Vancouver avec mon matériel complet et opérationnel. Sacoches Ortlieb pour vélo couché, avertisseur à air comprimé Airzound, éclairage devant et derrière, compteur kilométrique, drapeaux canadien et français, accrochés à une tige flexible assez haute pour être bien vus sur la route.

    A plusieurs reprises je me suis félicité d'avoir opté pour un deux-roues, plus rapide et moins large qu'un trois-roues, notamment dans les Prairies où nous avons roulé très vite, et dans l'Ontario où les accotements de la transcanadienne, quand il y en a, sont étroits. 

    Le matériel emmené a été pesé, de manière à ne prendre que l'indispensable. Paul-Émile Victor, à la fin de chaque  expédition, faisait trois tas des affaires qu'il avait emportées: l'indispensable, le superflu, et l'inutile. La fois suivante, il  ne prenait que ce qui avait été indispensable la fois d'avant, mais une nouvelle répartition, au retour, donnait toujours le même pourcentage d'affaires indispensables, d'affaires superflues, et d'affaires inutiles. La notion d’indispensable est vraiment donc très subjective. Le duvet l'est, la tente pas forcément, a priori.

    A priori seulement, car certains bivouacs n'auraient pas été possibles, notamment dans le nord-est de l'Ontario, sans la moustiquaire d'une tente de bonne qualité.

    Dans le matériel emporté, le capteur solaire, le filtre à eau, les chargeurs de piles, un des trois tshirts en coton ont été inutiles. Ils représentent un peu plus d'un kilo et demi de charge.

    J'ai regretté de ne pas avoir pris de gants chauds et de chaussettes « Wind-stopper », et nous avons fait l'achat d'une cafetière, élément de confort indéniable, mais important pour le moral des troupes.

    Ma tente est finalement assez pesante (2,8 kg), j'aurais pu m'en procurer plus légère, et réduire ma charge d'un kilogramme. Une bonne tente est chère, mais lorsque l'on calcule le coût par nuit, cela devient ridicule pour peu qu'on l'utilise souvent. Ma tente actuelle a connu la première traversée avec Pierre, un ou deux tours de cyclo-camping en France, quelques dépannages (elle est souvent dans le coffre de ma voiture), et cette traversée à vélo. Au total, plus de 200 nuits...

    Je remplacerais aussi, si c'était à refaire, mes gourdes rigides en aluminium par des réserves souples qui ne prennent pas de place dans les sacoches une fois vides, mais dans l'ensemble je suis assez satisfait des choix que j'ai faits.

    On peut réduire le poids des vêtements en n'utilisant pour rouler que des tissus « techniques », lavables au savon et qui sèchent facilement. Tous les soirs après l'étape, une petite lessive à la main, et c'est l'assurance, avec deux tenues complètes, de partir le matin avec des vêtements propres et secs, condition indispensable pour éviter les petits désagréments cutanés dus au frottement, à la transpiration et à la macération.

    Pour le linge du soir, deux T-shirts coton, une polaire et un pantalon long suffisent. Les campings au Canada sont pour la plupart équipés de machines à laver et de sèche-linge, ce qui permet de faire une lessive express du coton lorsque c'est nécessaire.

    Bertrand m'avait envoyé un livre sur une transcanadienne en 50 jours, réalisée par un groupe avec des vélos droits et une voiture d'assistance qui transporte le matériel, tentes, etc.

    Le vélo couché étant nettement plus performant et confortable que le vélo droit, je me suis référé aux étapes décrites dans ce livre pour préparer notre itinéraire, avec cependant un passage obligé par Jasper et Banff, pour ne pas manquer la route des Glaciers, réputée pour être « une des dix plus belles routes au Monde ».

    Pour le découpage en étapes, j'ai utilisé les moteurs de recherches d'Internet pour localiser les campings, et l'excellent site « Openrunner » qui m'a permis d'obtenir les profils en long de chaque étape. Les point de chutes prévus tenaient donc compte des possibilités d'hébergement, de la longueur et de la difficulté de chaque étape. Il s'avère que nous avons respecté pratiquement à la lettre ce qui avait été prévu.

    J’avais imaginé que nous aurions besoin de repos, à raison d'une journée par semaine, mais il s'est avéré que nous n'avons jamais eu envie de nous arrêter, excepté pour une visite ou à cause du mauvais temps. Au total, pour 38 jours de vélo, quatre jours de repos, deux pour des visites et deux pour éviter une pluie abondante avec un vent de face...

     


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